Afrique

 

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"L'Afrique n'a pas besoin d'humanitaire mais d'humanisme. Et si l'on confiait les reconstructions à une organisation de solidarité internationale sous l'égide de l'O.N.U. qui n'empièterait pas sur la souveraineté par des contrats librement négocié, temporaire et toujours révisable."

Patrick Simon

 

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Voir spécial Proche Orient

Voir spécial Darfour - Mise à jour 3 janvier 2008

 

 

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Communiqués de presse récents ou utiles sauf Darfour (voir ci-dessus)

Le Secrétaire général salue l'accord entre la République démocratique du Congo et le Rwanda

12 novembre 2007 – Le Secrétaire général a rendu hommage aujourd'hui aux gouvernements de la République démocratique du Congo et du Rwanda pour le communiqué conjoint signé le 10 novembre dernier à Nairobi au Kenya, dans lequel ils s'engagent à agir ensemble pour la paix et la stabilité dans la région.

« L'accord entre ces deux Gouvernements sur une approche commune et immédiate, ainsi que sur des mesures concrètes marque une avancée importante », a indiqué Ban Ki-moon, dans un message transmis aujourd'hui par sa porte-parole.

Facilité par les Nations Unies, cet accord constitue une opportunité de résoudre de manière globale les problèmes fondamentaux que posent les groupes armés irréguliers présents dans l'est de la RDC, a ajouté le Secrétaire général, qui a saisi l'occasion pour réitérer son appel à déposer les armes.

Les engagements pris incluent la lutte contre l'impunité, a noté Ban Ki-moon, qui espère que les gouvernements honoreront les engagements pris avec le soutien de la communauté internationale, qu'il a également invitée à augmenter l'assistance humanitaire.

« Les Nations Unies, pour leur part, sont engagées à soutenir les Gouvernements de ces deux pays dans leur mise en oeuvre de cette approche commune et afin d'assurer la protection des populations civiles », a-t-il conclu, rappelant que ces dernières souffraient « depuis longtemps ».

 

 

« UNISSONS-NOUS POUR DONNER LE MEILLEUR DE NOUS-MÊMES À L’AFRIQUE, BERCEAU DE L’HUMANITÉ », DÉCLARE BAN KI-MOON AU SOMMET DE L’UNION AFRICAINE

On trouvera ci-après le texte intégral du discours prononcé, le 29 janvier 2007, par le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, au Sommet de l’Union africaine, à Addis-Abeba:

Je suis très ému par votre chaleureux accueil, auquel je suis très sensible. Permettez-moi d’exprimer mes remerciements au Président de l’Union, le Président Denis Sassou Nguesso, et au Président de la Commission, Alpha Oumar Konare, pour leur action à la tête de l’Union et pour l’engagement qu’ils ont pris de coopérer étroitement avec l’Organisation des Nations Unies et avec moi-même personnellement.

Je suis profondément honoré de prendre la parole devant vous aujourd’hui. Après avoir été dirigée pendant 15 ans par des Africains, l’Organisation des Nations Unies a à sa tête un non-Africain. Mais comme tous les êtres humains, j’ai mes racines dans ce berceau de l’humanité qu’est l’Afrique, et j’en suis fier.

Permettez-moi, tout d’abord, de rendre hommage à mon prédécesseur, Kofi Annan –un grand Africain et un grand Secrétaire général. Il a dirigé l’Organisation des Nations Unies avec courage et hauteur de vue et a su la faire entrer sans hésiter dans le XXIe siècle. Il a aidé à forger un nouveau partenariat entre l’Organisation et l’Afrique. Je suis résolu à poursuivre sur sa lancée. Dans cette entreprise, comme dans tous les travaux qui attendent l’Organisation des Nations Unies, j’aurai à mes côtés en qualité de Vice-Secrétaire générale –et je m’en réjouis– une Africaine aux qualités de dirigeante singulières, Asha-Rose Migiro, que vous avez tous connue lorsqu’elle était Ministre tanzanienne des affaires étrangères.

Mesdames et Messieurs, un grand nombre d’entre vous ont appuyé ma candidature au poste de secrétaire général et je leur en suis reconnaissant. Il y a quatre semaines seulement que j’ai pris mes fonctions, mais j’ai le sentiment que certains d’entre vous sont déjà devenus des amis et des alliés. J’attends avec impatience de nouer des liens étroits avec vous tous dans les années à venir.

Réuni avec vous aujourd’hui, j’ai sous les yeux une illustration vivante de la communauté de vues qui caractérise le continent africain lorsqu’il donne le meilleur de lui-même. C’est cette communauté de vues qui a guidé vos pays dans leur quête de l’indépendance, qui a permis de jeter les fondations de votre Union et qui conditionnera les progrès de l’Afrique au cours des prochaines années.

C’est elle également qui fonde le partenariat de l’Afrique avec l’Organisation des Nations Unies, dans le cadre duquel l’une et l’autre tentent de résoudre ensemble le large éventail de problèmes communs auxquels elles sont confrontées.

Cette communauté de vues trouve une illustration concrète dans bon nombre de nos entreprises communes, telles que l’accord de coopération entre nos deux institutions que mon prédécesseur a signé ici, à Addis, en novembre dernier.

C’est elle qui guide l’action que nous menons ensemble pour faire triompher la démocratie, les droits de l’homme et la bonne gouvernance, à l’aide notamment du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique.

C’est elle également qui fonde notre action collective en faveur de la paix et de la sécurité –notamment l’initiative prise par l’ONU d’accroître les moyens dont l’Union africaine dispose pour planifier, lancer et conduire des opérations de maintien de la paix.

C’est elle encore qui fonde l’action que nous menons pour instaurer une paix durable dans les pays qui se remettent d’un conflit. Elle s’est traduite de façon remarquable dans deux de ces pays, le Burundi et la Sierra Leone, où, après s’être acquittée avec succès de mandats de maintien de la paix, l’ONU aide à édifier un avenir meilleur grâce aux travaux de la Commission de consolidation de la paix des Nations Unies. La semaine dernière, j’ai décidé qu’un montant de 35 millions de dollars serait prélevé sur le Fonds pour la consolidation de la paix pour le financement de volets prioritaires du programme de consolidation de la paix au Burundi. La procédure d’allocation de fonds à la Sierra Leone est pratiquement terminée.

Deux tiers des Casques bleus déployés dans des opérations de maintien de la paix le sont en Afrique. J’arrive tout juste de la République démocratique du Congo, où j’ai pu constater par moi-même comment, dans ce pays, nos efforts communs procèdent de notre communauté de vues. L’an dernier, l’ONU s’est employée, en collaboration avec l’Union africaine et d’autres partenaires, à aider le peuple congolais à tenir ses premières élections libres depuis plus de 40 ans. Cette entreprise a constitué une remarquable opération de maintien de la paix et la plus grande opération d’appui électoral dans l’histoire de l’ONU; mais, elle a surtout témoigné du courage et de la détermination sans faille du peuple congolais, dont les électeurs ont à 70% déposé leur bulletin de vote dans les urnes pendant un scrutin qui a été calme et pacifique.

Ce qui s’est passé au Libéria montre aussi avec éclat ce que notre volonté collective de paix et de sécurité en Afrique peut nous permettre de faire. Utilisons donc notre communauté de vues pour résoudre ces crises inextricables qui saignent comme des plaies ouvertes sur la face du continent. Utilisons-la pour faire triompher l’action que nous menons pour apporter la paix en Somalie et en Côte d’Ivoire.

Mais surtout, utilisons-la pour mettre un terme à la tragédie du Darfour. Il nous faut ouvrir un chapitre nouveau et différent dans cette histoire d’espoir brisé. Je rends hommage à la vaillance dont la force de l’Union africaine fait preuve au Darfour. Mais le coût de la crise demeure inacceptable; de plus, il empêche le Soudan dans son ensemble de concrétiser la possibilité qu’il a de devenir un pays pacifique, prospère et démocratique – et risque, de ce fait, d’hypothéquer l’avenir de la sous-région tout entière.

Depuis que j’ai pris mes fonctions de Secrétaire général, j’ai fait du Darfour ma toute première priorité. Je continuerai à le faire quels que soient les problèmes qui se poseront et j’attends avec intérêt de pouvoir m’entretenir de façon constructive avec un grand nombre d’entre vous durant ce sommet. Le partenariat qui unit l’Union africaine et l’ONU est d’une importance déterminante quant à la façon dont nous devons affronter ce qui est la plus grande crise humanitaire du monde. Ensemble, nous devons mettre un terme à la politique de violence et de terre brûlée qu’ont adoptée diverses parties, dont les milices, ainsi qu’aux bombardements, qui continuent de semer la terreur au Darfour. Nous devons prendre en compte les dimensions régionales de la crise. Il faut que les activités humanitaires qui permettent de sauver des vies puissent reprendre et que la société civile du Darfour ait son mot à dire dans le processus de paix. Il faut aussi que nous persuadions les non-signataires de l’accord de paix de se joindre à ceux qui l’ont signé, tout en dégageant le consensus nécessaire pour qu’une force commune ONU-Union africaine soit déployée d’urgence sur le terrain. J’espère sincèrement que nous pourrons nous accorder sur cette question d’importance vitale au cours des entretiens que nous aurons en marge de ce sommet.

Dans de nombreuses autres parties de l’Afrique, des progrès remarquables ont été enregistrés pour ce qui est de mettre fin aux conflits armés. Cela est non seulement une question de survie et de sécurité pour ceux dont la vie a été directement touchée, mais aussi une condition indispensable pour assurer une meilleure vie sur le long terme à tous les Africains, en les plaçant résolument sur la voie du développement. Je sais, depuis mon enfance passée en Corée, comment la guerre prive l’homme de la possibilité de se bâtir une vie décente, et des sociétés tout entières de la possibilité d’espérer – bien au-delà des limites de la zone de guerre, bien après que les canons se sont tus. J’ai vu la détresse et la faim, la dégradation et la maladie qui accompagnent les guerres prolongées. Des femmes âgées qui récupèrent des déchets, des bébés qui souffrent de malnutrition et sont privés d’eau potable, des bâtiments mis à sac, des champs de maïs qui pourrissent, des infrastructures à bout de souffle; voilà ce que j’ai connu enfant, et ces images continuent de me hanter à ce jour.

Mais j’ai été témoin aussi de la façon dont mon pays, uni autour d’une même vision, a été en mesure de se transformer, la nation traumatisée privée d’économie digne de ce nom étant devenue une puissance économique régionale. L’existence d’une vision commune a constitué une combinaison imbattable: l’assistance concertée et durable de la communauté internationale et le courage et la détermination du peuple coréen.

Faisons en sorte que la même communauté de vues produise ses effets en Afrique. Il y a six mois, lorsque j’ai pris la parole devant l’Union pour présenter ma candidature au poste de Secrétaire général, j’ai dit que la réussite de l’ONU au cours des prochaines années dépendait en grande partie de ce continent. Je me suis engagé à faire tout mon possible pour mobiliser la volonté politique –au niveau des dirigeants mondiaux et des autres parties prenantes– et à travailler avec les gouvernements africains à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement. Ces objectifs représentent notre vision commune –un partenariat entre les pays riches et les pays pauvres en vue de construire un avenir meilleur. J’ai l’intention de tenir la promesse que je vous ai faite. Je vous le dois, ainsi qu’à tous les autres Africains.

Nombre de vos pays ont fait des progrès remarquables vers la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement. Depuis la fin des années 90, plus d’une douzaine de pays africains ont enregistré des taux de croissance moyenne supérieurs à 5%. De nombreux pays à faible revenu ont réussi à relever une forte proportion de leurs citoyens au-dessus du seuil de pauvreté. Plusieurs devraient atteindre l’objectif consistant à réduire la pauvreté de moitié d’ici à 2015. Une quinzaine de pays africains sont déjà parvenus à assurer l’éducation primaire pour tous, ou sont bien partis pour y parvenir. La plupart des pays d’Afrique australe sont en bonne voie pour assurer la parité dans l’enseignement primaire.

Ces progrès sont précieux et nous devons les reproduire et faire fond sur eux. Cela signifie que nous devons bâtir un partenariat solide pour partager la science et la technologie, ce qui est à juste titre l’un des thèmes de ce sommet. Pour cela, il faut renforcer les moyens d’action des femmes et des filles, grâce à l’éducation et à des outils créatifs tels que le microfinancement, qui s’est avéré être, dans nombre de pays, une arme fort utile pour briser le cercle vicieux de la pauvreté.

Pour atteindre les objectifs fixés pour 2015, nous devons mener une action concertée en 2007, année qui est à mi-parcours des efforts déployés pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement. Au cours des prochains mois, je constituerai un groupe de travail sur l’Afrique et les Objectifs du Millénaire –une coalition qui réunira les principaux acteurs africains, des organisations internationales et des donateurs. Nous nous efforcerons de nous réunir en mars, pour élaborer un plan d’action à l’appui d’initiatives concrètes visant à accélérer les progrès en 2007 et 2008. Nous ferons en sorte que le plan soit prêt à temps pour le sommet du Groupe des Huit qui se tiendra en juin.

Disons les choses clairement: sur certains objectifs spécifiques, nous rencontrons d’énormes difficultés. Prenons le septième objectif, qui porte sur le respect de l’environnement. Vous qui êtes réunis ici savez que les effets des changements climatiques toucheront de façon disproportionnée certains des pays d’Afrique les plus pauvres. Les chiffres des Nations Unies montrent que 30% des infrastructures côtières africaines pourraient être submergées sous l’effet de l’élévation du niveau des mers liée au réchauffement de la planète. Plus du quart des espèces du continent africain pourraient perdre leur habitat d’ici à 2085. Et les moyens d’existence de dizaines de millions de personnes pourraient être compromis.

Mesdames et Messieurs, en faisant de cette question l’un des thèmes principaux de votre sommet, vous avez décidé de vous attaquer de front aux conséquences qu’auront les changements climatiques sur l’Afrique. Je dis « auront » parce que les changements climatiques et leurs conséquences sont désormais chose certaine. Soyez en sûrs, la question des changements climatiques –notamment en Afrique– fera partie de mes priorités en tant que Secrétaire général.

L’heure est venue pour le reste du monde d’aider les pays d’Afrique à s’adapter au réchauffement de la planète et à ses conséquences, tout en renforçant les efforts déployés pour atténuer les changements du climat. Nous devons appliquer le plan d’action concernant l’adaptation adopté à la conférence des Nations Unies sur les changements climatiques qui s’est tenue l’année dernière à Nairobi. Et nous devons utiliser le Plan-cadre de Nairobi, lancé lors de cette conférence, pour accroître la participation de l’Afrique au mécanisme pour un développement propre. Ce mécanisme novateur, issu du Protocole de Kyoto, permet de mobiliser des milliards de dollars d’investissements publics et privés au niveau mondial. Et je continuerai à solliciter le secteur privé en préconisant des solutions reposant sur les lois du marché.

Dans le même temps, l’Organisation des Nations Unies mène avec un certain nombre de gouvernements africains des initiatives conjointes visant à faire en sorte que les plans nationaux de développement tiennent compte des changements climatiques. Je m’engage à œuvrer auprès des gouvernements donateurs pour que toutes ces initiatives reçoivent la totalité du soutien dont elles ont besoin. Et je militerai aussi auprès des pays industrialisés pour qu’ils prennent des engagements ambitieux en matière de réduction des émissions, car il est crucial, dans ce combat, qu’ils montrent l’exemple, de même qu’il est vital qu’ils apportent aux pays d’Afrique les plus touchés par les sécheresses et les inondations une aide généreuse et ciblée.

Les épidémies qui continuent de ravager le continent sont un autre défi de taille. C’est de surcroît dans les pays qui ont le moins les moyens d’y faire face qu’elles font le plus de dégâts, sur le plan tant social qu’économique. Elles menacent la paix et la sécurité de ces pays, en mettant à mal leurs capacités et leur gouvernance. Le sida, la tuberculose et le paludisme font chaque année près de 4 millions de victimes en Afrique.

Il y a malgré tout de l’espoir. En ce qui concerne le sida, des progrès ont été faits sur le plan des traitements. La volonté politique s’est affirmée. De nouvelles ressources ont été mobilisées. Et de nouvelles initiatives prometteuses ont vu le jour, comme le projet Veille sida Afrique, mis en place par l’Union africaine en collaboration avec ONUSIDA, qui vise à donner une orientation aux politiques de lutte contre le sida et à définir les objectifs à atteindre en matière d’accès universel d’ici à 2010. Nous devons continuer de militer en faveur de l’accès universel au traitement et à la prévention.

Nous devons aussi saisir l’occasion qui se présente de faire des progrès décisifs dans la lutte antipaludique d’ici à 2010. Je serai à vos côtés dans cette entreprise, je vous le promets.

Mesdames et Messieurs, chers amis,

Que l’Afrique progresse dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement est vital pour des millions d’Africains. Ces progrès seront aussi un moyen de mesurer la capacité de l’Organisation des Nations Unies à s’acquitter du mandat que ses membres lui ont confié. L’une de mes priorités sera de m’assurer que nous soyons à la hauteur de ce mandat, et je prendrai des mesures pour renforcer l’Organisation en conséquence.

J’ai la conviction que si nous poursuivons une vision commune, il n’y a pas de limites à ce que nous pouvons accomplir. Le partenariat entre l’Union africaine et les Nations Unies est un partenariat solide et ambitieux. Faisons en sorte de le rendre encore plus solide et ambitieux dans les années à venir.

Je conclurai en rendant hommage à notre pays hôte et à l’Union africaine, en empruntant les mots de Tsegaye Gabre-Medhin. Ce poète lauréat éthiopien, qui nous a quittés l’année dernière, a résumé bien mieux que je ne saurais le faire les aspirations de l’Afrique, par ces mots qui composent l’hymne de cette Union. Comme l’écrivait Gabre-Medhin, donc, unissons-nous pour donner le meilleur de nous-mêmes à l’Afrique, berceau de l’humanité. Faisons de l’Afrique l’arbre de vie.

Soyez assurés qu’aussi longtemps que je serai Secrétaire général, je ne ménagerai aucun effort pour faire de ce vœu une réalité.

 

 

Les Africains déterminés à régler eux-mêmes les crises du continent, selon Kofi Annan

7 juillet 2006 – Lors d'un entretien avec la radio de l'ONU accordé hier au Ghana au terme d'une tournée en Afrique de l'Ouest, le Secrétaire général a estimé que les dirigeants africains étaient « véritablement déterminés à régler eux-mêmes les problèmes de leur continent ».

« Les discussions sur le Darfour et d'autres crises au sommet de l'Union africaine à Banjul, de même que mes rencontres bilatérales avec les chefs d'Etats africains, m'ont convaincu qu'ils sont déterminés à régler les problèmes de sécurité afin de pouvoir se concentrer sur les questions économiques et sociales », a déclaré Kofi Annan au micro de la radio de l'ONU, lors d'une interview à Accra, capitale du Ghana.

« Au mini-sommet de Yamoussoukro sur la Côte d'Ivoire, des dirigeants comme le président Thabo Mbeki de l'Afrique du Sud et Olusegun Obasanjo du Nigéria ont pris également le temps de venir s'asseoir à la table de négociations, afin de presser les parties d'honorer leurs engagements », a-t-il poursuivi.

« Ils ont investi beaucoup de temps et de prestige personnel dans cet effort. Ils n'y sont pas obligés car ils ont beaucoup à faire dans leur propre pays. Mais ils reconnaissent que ces problèmes internes ne restent pas internes très longtemps. Ils produisent des réfugiés et se propagent à la région », a affirmé Kofi Annan.

« Je termine donc ce voyage optimiste », a indiqué le Secrétaire général qui achève une tournée en Afrique de l'Ouest qui l'a mené à Banjul en Gambie pour participer au sommet de l'Union africaine, en Sierra Leone, au Liberia et à Yamoussoukro en Côte d'Ivoire où il a présidé un mini-sommet.

Le Secrétaire général a rappelé qu'il avait demandé aux parties en Côte d'Ivoire de suivre leurs engagements. « Nous suivrons la situation et un bilan des progrès sera fait en septembre prochain », a-t-il précisé.

Interrogé sur le sentiment de frustration qui peut découler de la lenteur avec laquelle progresse le règlement de certaines crises, comme le Darfour ou la Côte d'Ivoire, Kofi Annan a rappelé « que ces crises ne résolvaient pas du jour au lendemain ».

« Il faut aussi accepter qu'en tant qu'outsider, les Nations Unies ne peuvent que prêter assistance. La responsabilité du règlement incombe aux dirigeants des pays concernés. Parfois j'ai le sentiment que les tiers semblent être plus préoccupés par la paix que les dirigeants du pays eux-mêmes, et cela reste incompréhensible », a-t-il déploré.

Le Secrétaire général a par ailleurs rendu hommage à la présidente du Libéria, Ellen Johnson-Sirleaf, premier dirigeant femme démocratiquement élue sur le continent africain.

« Lorsque l'on aura plus de femmes au pouvoir partageant le pouvoir avec les hommes, nous aurons une meilleure gouvernance », a-t-il conclu.

 

Le Rwanda revit l'horreur du génocide à travers le film "Shooting Dogs" RWANDA

29 mars 2006 - AFP 

Les Rwandais revivent depuis le début de cette semaine l'horreur du génocide d'avril 1994 à travers un nouveau film, "Shooting Dogs", qui met en scène l'abandon à Kigali, par les Casques bleus, de 2.000 hommes, femmes et enfants aux tueurs des milices extrémistes hutues. Le film, tourné dans la capitale rwandaise et mis en scène par Michael Caton-Jones, a pour cadre l'Ecole technique officielle (ETO), un lycée technique de Kigali où plus de 2.000 Rwandais tutsis avaient cherché refuge aux premiers jours du génocide. "Je voulais voir ce film. J'avais des parents qui étaient dans cette école, ma tante et mes cousins. Moi je n'y étais pas", a raconté à l'AFP Olivier, 35 ans et encore sous le choc après une première projection en avant-première dans un stade de Kigali qui a rassemblé environ 2.000 spectateurs lundi soir sous une pluie battante et glaciale. "C'est très émouvant", estimait de son côté Elise, jeune femme qui travaille comme traductrice, avant de dire tout son mépris pour la communauté internationale qui "a abandonné le Rwanda, avant de dire +plus jamais ça+. Ce film devrait leur ouvrir les yeux". En avril 1994, après quatre jours de massacres à Kigali et une fois évacuée la poignée d'étrangers encore présents, les troupes des Nations unies avaient reçu l'ordre de quitter le lycée technique et d'abandonner les réfugiés qui s'y croyaient sous leur protection. Dès les Casques bleus partis, la majorité des réfugiés du lycée avait été massacrée quelques kilomètres plus loin par des miliciens hutus. Le titre du film ("On tue les chiens") fait référence à l'attitude des Casques bleus au Rwanda, qui refusaient - faute de mandat des Nations unies - de recourir à la force contre les milices coupables du génocide mais abattaient ensuite les chiens qui dévoraient les cadavres dans les rues. Le producteur du film, David Belton, a couvert le génocide de 1994 en tant que journaliste de la BBC. Il s'est rendu à Kigali pour cette première projection, tout comme les acteurs des rôles principaux, John Hurt et Hugh Dancy. Le film, qui comporte des scènes très violentes, a déclenché toute une gamme d'émotions dans le stade, où avaient déjà été projetés ces derniers mois d'autres longs métrages sur le génocide. "Ma femme a déjà vu le film à une projection privée, et elle a décidé qu'elle ne supporterait pas de le voir une deuxième fois", expliquait un rescapé du génocide, les larmes aux yeux. Le président rwandais Paul Kagame, un Tutsi arrivé au pouvoir à la suite du génocide, a de son côté reçu mardi le producteur et les acteurs, en réfutant les commentaires selon lesquels le tournage de "Shooting Dogs", en juillet-août 2004, avait traumatisé des rescapés. "Je ne pense pas que ce soit le film qui traumatise. C'est ce qu'ils ont vécu qui traumatise. Même sans le film, les gens sont traumatisés", a déclaré M. Kagame. "Il y a des gens qui préfèreraient qu'on oublie ce qui s'est passé, mais ce n'est pas ma façon de voir la chose. La partie la plus douloureuse de notre passé est quelque chose que nous avons besoin d'accepter et que nous devons affronter", a-t-il poursuivi, en jugeant que "Shooting Dogs" ferait partie de la mémoire rwandaise du génocide. Le Rwanda commémorera en avril la douzième anniversaire du génocide dans lequel 800.000 personnes, tutsis et hutus modérés, ont été massacrées, selon les chiffres de l'Onu.

 

Côte d'Ivoire : le Secrétaire général rappelle au président Gbagbo « sa responsabilité » dans la prévention des violences

1 février 2006 – « Préoccupé » par les récentes menaces proférées à l'encontre des Nations Unies en Côte d'Ivoire, le Secrétaire général a prévenu aujourd'hui que la Mission des Nations Unies dans le pays prendra « toutes les mesures nécessaires » pour protéger son personnel sur le terrain et rappelé au président Gbagbo « sa responsabilité » dans la prévention des violences.

« Le Secrétaire général est profondément préoccupé par des rapports selon lesquels des menaces auraient été proférées à l'encontre du personnel des Nations Unies en Côte d'Ivoire, et des violences massives pourraient être déclenchées à Abidjan et dans d'autres régions de Côte d'Ivoire », indique un message transmis aujourd'hui par son porte-parole.

L'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire ( ONUCI ), soutenue si besoin est par la Force Licorne, prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger le personnel et les biens des Nations Unies, ainsi que les populations en danger imminent dans ses zones de déploiement », a prévenu Kofi Annan.

« Le Secrétaire général souhaite rappeler avec la plus grande fermeté, aux plus hautes autorités civiles et militaires de la Côte d'Ivoire, y compris le président Gbagbo et le chef d'état-major, le général Mangou, leur responsabilité personnelle dans la prévention des violences, y compris des attaques dirigées contre le personnel et les installations des Nations Unies dans le pays, ainsi que des violences ethniques ».

« De tels actes ne sauraient être tolérés par la communauté internationale », insiste le Secrétaire général.

« Le Secrétaire général appelle une nouvelle fois toutes les parties ivoiriennes à travailler avec leurs partenaires internationaux pour trouver une solution pacifique à la crise ivoirienne », conclut le message.

Le 30 janvier dernier, le Secrétaire général avait dénoncé la publication « inopinée » en Côte d'Ivoire d'un décret présidentiel qui prorogeait le mandat des députés et allait à l'encontre des recommandations du Groupe de travail international (GTI).

Rappelant les menaces qui continuent de peser et déplorant l'absence de matériel permettant de faire face à de nouvelles attaques, l'ONUCI avait annoncé, le 26 janvier dernier, un retrait temporaire d'une partie de son personnel civil en Côte d'Ivoire.

Le même jour, le représentant de la France avait annoncé que des sanctions pourraient bientôt être prises contre les responsables des violences contre les Nations Unies en Côte d'Ivoire.

« Gravement préoccupé » par la persistance de la crise en Côte d'Ivoire, le Conseil de sécurité a décidé, le 24 janvier dernier, de proroger pour un an les mandats respectifs de l'ONUCI et des forces françaises de l'opération Licorne qui l'appuient.

De violentes manifestations, organisées par les « Jeunes patriotes », partisans du président Gbagbo, à l'encontre des Nations Unies, avaient éclaté, le 16 janvier dernier, après que le GTI avait recommandé de ne pas prolonger le mandat des députés qui arrivait à expiration.

 

La crise humanitaire dans l'Est de la R. D. Congo est très grave

16 mars 2005 Un millier de personnes meurent chaque jour en République démocratique du Congo et, au total, plus d'un million de personnes seraient mortes dans un conflit qui fait rage depuis 1999 dans l'Est du pays et qui constitue, selon le Secrétaire général aux affaires humanitaires, la plus grave crise humanitaire dans le monde, avant même la guerre civile au Darfour.

Le conflit dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC) constitue, « par le nombre de vies perdues », « la plus grave crise humanitaire dans le monde », avant même la guerre civile au Darfour, a estimé Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires aujourd'hui au Siège de l'ONU à Genève.

Selon une étude récente publiée par des organisations humanitaires, a indiqué Jan Egeland, un millier de personnes meurent chaque jour en RDC, des conséquences du conflit qui fait rage depuis 1999, et la crise aurait fait un million de morts au cours des dernières années.

« C'est un tsunami tous les cinq à six mois depuis six ans », a déclaré le Secrétaire général adjoint.

Jan Egeland a estimé que trois millions de personnes avaient besoin, dans la partie Est du pays en proie à des violences ethniques, d'une aide urgente.

En ce qui concerne le Darfour, une province de l'Ouest du Soudan en proie à une guerre civile depuis février 2003, Jan Egeland a estimé à 1,8 million le nombre de personnes déplacées par le conflit et prévenu que ce chiffre pourrait dépasser les 3 millions avant la fin de l'année, en l'absence d'un règlement politique.

Selon les seules estimations disponibles qui en 2004 indiquaient que 70 000 personnes déplacées étaient décédées sur une période de sept mois, Jan Egeland a déclaré que les conséquences du conflit au Darfour pourraient avoir fait au moins180 000 morts en l'espace de 18 mois.

 

Se souvenir du génocide au Rwanda... le Secrétaire général, le général Dallaire et un ministre rwandais s'y sont employés ce matin

26 mars 2004 « Le génocide rwandais n'aurait jamais dû se produire. Mais il s'est produit », a déclaré ce matin le Secrétaire général de l'ONU qui a appuyé la requête du Rwanda demandant que soit observée chaque année, le 7 avril, une minute de silence en souvenir des 800 000 hommes, femmes et enfants massacrés en 1994 tandis que le général Dallaire se remémorait avec amertume le moment où, à la tête d'une mission sans budget, on lui a appris que « la cavalerie ne viendrait pas. »

« La communauté internationale a abandonné le Rwanda à son sort et cela nous laissera pour toujours les plus amers regrets et la plus profonde tristesse », a déclaré Kofi Annan, lors d'une commémoration du génocide rwandais organisée par l'Assemblée générale de l'ONU ce matin.

« Si la communauté internationale avait réagi rapidement et avec détermination, elle aurait pu prévenir la plupart des massacres. Mais la volonté politique était absente, et les troupes aussi », a poursuivi le Secrétaire général qui a ajouté : « J'étais moi-même à la tête du Département des opérations de maintien de la paix de l'ONU et j'ai insisté auprès de dizaines de pays pour qu'ils fournissent des contingents militaires. »

« Je pensais, à l'époque, faire de mon mieux, mais j'ai compris après le génocide que j'aurais pu, et dû, en faire plus pour donner l'alarme et rallier les bonnes volontés. Ce souvenir douloureux, comme celui de la Bosnie-Herzégovine, a beaucoup influé sur ma vision des choses et sur les décisions que j'ai prises en tant que Secrétaire général », a-t-il indiqué.

Il a rendu hommage à « quelques êtres courageux [qui] ont essayé de mettre fin au massacre dont le général canadien Roméo Dallaire, commandant de la petite force de maintien de la paix des Nations Unies qui se trouvait sur place à l'époque [...]qui ont fait tout ce qu'ils pouvaient, et qui auraient dû être soutenus plus qu'ils ne l'ont été. »

Il a annoncé qu'il avait décidé d'appuyer la demande du Rwanda qui a demandé que le 7 avril de chaque année, une minute de silence soit observée partout dans le monde à midi, heure locale, rappelant que l'Assemblée générale avait décidé de faire du 7 avril la Journée internationale de réflexion sur le génocide rwandais.

« J'ai écrit à tous les chefs d'État et de gouvernement pour leur demander qu'elle soit respectée, en particulier dans la fonction publique, a déclaré Kofi Annan. J'ai également demandé la participation de tous les bureaux des Nations Unies, partout dans le monde. »

« Aujourd'hui, je demande instamment à tous les hommes et à toutes les femmes du monde, qui qu'ils soient et où qu'ils se trouvent, dans une ville grouillante ou au plus profond de la campagne, de tout arrêter, ce jour-là à midi, et de prendre le temps de se souvenir des victimes. » a-t-il poursuivi.

« Soyons unis à présent, si nous n'avons pu l'être il y a 10 ans », a exhorté le Secrétaire général.

« Que les victimes du génocide rwandais reposent en paix », a-t-il ajouté. « Que notre existence soit pour longtemps marquée par leur sacrifice. Et que cette tragédie nous porte à essayer, ensemble, de nous traiter les uns les autres comme les membres d'une seule et même famille humaine. »

« Pourquoi y a-t-il eu carence à agir, alors que l'on savait qu'un génocide était en préparation puisque le Rapporteur de la Commission des droits de l'Homme, Adama Dieng, avait établi dès 1993 qu'un génocide à petite échelle s'était déroulé au Rwanda », a interrogé le Ministre des affaires étrangères du Rwanda Charles Murigande, lors de son allocution.

« Même au sein du Gouvernement français, un diplomate, Paul Dijoud, avait assuré une délégation du Front patriotique rwandais en 1992 que ce mouvement n'arriverait jamais à Kigali et que, dans le cas contraire, ils trouveraient tous les Tutsi massacrés », a-t-il affirmé avant d'ajouter qu'il fallait bien faire face à la réalité: les avertissements étaient clairs mais personne n'a voulu agir en raison de la conspiration du silence.

Intervenant parmi beaucoup d'autres, Bill Graham, le Ministre des affaires étrangères du Canada, a estimé que le monde a bel et bien appris mais qu'il butait toujours sur la notion de souveraineté même lorsque celle-ci va à l'encontre des normes humanitaires.

Se référant à l'appel du Secrétaire général en faveur d'une nouvelle organisation de la sécurité collective, le Ministre a défendu l'idée d'une « souveraineté responsable » qui se fonderait sur le principe selon lequel, quand un Etat ne peut ou ne veut pas protéger sa population, la communauté internationale a l'obligation d'intervenir.

La notion de souveraineté s'annihile d'elle-même lorsqu'il s'agit de protéger les gouvernements plutôt que de protéger les citoyens. Le principe de souveraineté responsable doit être la norme du comportement des gouvernements, a déclaré le Ministre.

Au cours d'une table ronde organisée dans le cadre de cette commémoration et qui avait pour thème « les leçons tirées de la réaction internationale face au génocide rwandais de 1994 », animée par le ministre Charles Murigande, le général en retraite canadien Roméo Dallaire a apporté le témoignage de celui qui commandait la Mission des Nations Unies au Rwanda (MINUAR).

Après cette expérience, l'expression « plus jamais ça » a pour lui perdu tout son sens, a-t-il affirmé, avant de dénoncer l'irresponsabilité complète de la communauté internationale face à « des êtres humains habitant un Etat qui ne comptait pas ».

Le 6 avril, a-t-il indiqué, la Mission n'avait toujours pas de budget pour son déploiement. Le lendemain, après le début du massacre, 2000 hommes des troupes les mieux entraînées du monde, provenant de la France, des Etats-Unis, du Royaume-uni et de l'Italie, ont été déployés pour évacuer ... des milliers de Blancs expatriés et quelques Rwandais.

Trébuchant sur les corps et dans l'odeur des cadavres en décomposition, ces troupes sont restées fidèles à leur mission, celle d'ignorer la catastrophe et les crimes contre l'humanité, a déclaré le général.

Quelque temps plus tard, le « Triumvirat de l'ONU » dont Kofi Annan et son Chef de Cabinet, lui a annoncé que « la cavalerie ne viendrait pas ». Au niveau du Conseil, la décision avait été prise de retirer toute la Mission, a-t-il indiqué.

Le Général Dallaire a rappelé son refus d'obtempérer et comment, le 22 avril, après plus de 100 000 morts, la Mission a été abandonnée sans mandat. Voilà la honte de toute cette opération, a-t-il déclaré, soulignant que la Mission avait même reçu l'ordre de laisser à leur sort les 30 000 personnes qu'elle avait pu sauver et que les troupes belges qui avaient quitté Kicukiro avant le massacre obéissaient, non pas à l'ordre de l'ONU, mais à celui de leur pays.

Deux rescapés du génocide, Speciose Kanyabugoyi, Directrice de l'Association des veuves du génocide rwandais (AVEGA AGAHOZO) et Eric Nzabihimana, ont également apporté leur témoignage.

Une deuxième Table ronde, animée par le Ministre des affaires étrangères du Canada, Bill Graham, à laquelle ont participé le Conseiller spécial des Nations Unies pour l'Afrique, M. Ibrahim Gambari, le Vice-Recteur de l'Université des Nations Unies, M. Ramesh Thakur, et le Sous-Secrétaire général aux affaires politiques, M. Danilo Turk avait pour thème « vers une réponse internationale plus efficace au génocide. »

 

Mettre fin à la « conspiration du silence » réclame l'étude de l'ONU sur le développement de l'Afrique

26 février Alors que l'Afrique est restée tributaire des exportations de produits de base, sa part de marché dans le commerce international de ces produits, caractérisés par une grande volatilité de prix et concurrencés par certains produits du Nord fortement subventionnés, n'a cessé de diminuer, indique l'étude de l'agence de l'ONU pour l'économie et le développement lancée aujourd'hui.

La majorité des pays africains pâtissent d'une structure commerciale qui les expose à une dégradation continue des termes de l'échange et à une grande instabilité des recettes en devises, selon un nouveau rapport de la CNUCED, la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement.

Une telle situation, qui fait obstacle à une gestion macroéconomique efficace et freine la formation de capital, entrave les efforts de diversification vers des activités plus productives et aggrave le surendettement, indique l'étude de la CNUCED, intitulée Le développement économique en Afrique: résultats commerciaux et dépendance à l'égard des produits de base.

Ce rapport préconise de renforcer les capacités institutionnelles nationales à négocier des accords commerciaux plus équilibrés et des régimes de financement plus généreux et plus novateurs au niveau international.

L'étude indique notamment que la part de l'Afrique dans les exportations de produits primaires hors combustibles est passée de 6 % en 1980 à 4 % environ en 2000.

Le taux de croissance annuelle moyen de ces exportations a été de 0,6 % pour l'Afrique contre 3,3 % en moyenne pour l'ensemble des pays en développement et 5 % pour l'Asie.

Quant à la part du continent africain dans les exportations totales de marchandises, elle a reculé de 6,3 % à 2,5 %.

Par ailleurs, l'analyse que fait la CNUCED des prix réels de 14 produits de base présentant un intérêt à l'exportation pour l'Afrique entre 1960 et 2000, fait apparaître une forte instabilité des prix pour 12 d'entre eux et une tendance à l'érosion des prix réels dans le cas de 9 produits.

Malgré certains signes d'amélioration au début des années 90, l'indice combiné des prix de tous les produits de base de la CNUCED a chuté de plus de 50 % entre 1997 et 2001.

Le rapport souligne l'importance cruciale de l'accès aux marchés, d'autant que la plupart des crêtes tarifaires postérieures au Cycle d'Uruguay concernent l'agriculture et que la progressivité des droits se fait plus lourdement sentir dans le cas des produits transformés.

En 2002, ces aides ont entraîné un manque à gagner estimé à 300 millions de dollars pour l'industrie cotonnière africaine, soit plus que l'allégement total de la dette (230 millions de dollars), de neuf PPTE (pays pauvres très endettés) exportateurs de coton d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique Centrale, approuvé la même année par la Banque mondiale et le FMI.

Ceux qui profitent le plus de cette situation sont les grandes sociétés transnationales qui peuvent contrôler les achats et la commercialisation par des contrats de production, des rapprochements d'entreprises et d'autres mécanismes et faire obstacle à l'entrée de nouveaux arrivants sur les marchés grâce à des avantages exorbitants, qu'il s'agisse de financement, d'information ou de technologie.

Il appartient donc à la communauté internationale, selon l'étude de la CNUCED, d'assumer sa part de responsabilité à la lumière des objectifs de développement du Millénaire, en soutenant une politique cohérente qui ne neutralise pas les efforts de restructuration et de diversification économiques de l'Afrique.

Citant le Président de la France Jacques Chirac qui a évoqué « la conspiration du silence » et affirmé que «rien ne justifiait l'indifférence actuelle», l'étude préconise, entre autres recommandations, l'adoption d'un ensemble de mesures qui répondent aux besoins de développement des pays africains et qui soient soutenue par la communauté internationale ainsi qu'un accroissement de l'aide publique au développement (APD), un allègement plus poussé de la dette et un réexamen de l'ensemble des mécanismes de financement compensatoire visant à pallier les fluctuations des prix.

Le rapport met également l'accent sur l'expansion du commerce intra-africain, qui est l'un des principaux objectifs du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD).

 

Déclaration de l'ONU du 2 janvier 2004 :

Afrique de l'Ouest : des conflits s'apaisent, d'autres émergent

2 janvier - Alors que la sous-région a enregistré au cours de l'année écoulée des avancées dans la bonne direction avec la consolidation de la paix en Sierra Leone et la fin de 14 ans de guerre civile au Libéria, le réseau d'information régional de l'ONU (IRIN) attire l'attention sur les problèmes qui perdurent ou émergent en Côte d'Ivoire, en Guinée, en Mauritanie, au Tchad, à Sao Tome-et-Principe, au Nigeria.

Même si les forces rebelles qui occupaient le Nord du pays, ont décidé, après trois mois de boycott, de rejoindre le Gouvernement de réconciliation nationale, la Côte d'Ivoire n'est pas sortie de la crise. Et si le Conseil de sécurité, qui devrait se prononcer à ce sujet en janvier, accepte de créer une force de 5 à 6 000 Casques bleus, celle-ci ne sera pas déployée avant le mois d'avril au plus tôt.

Les nuages s'accumulent au-dessus de la Guinée où peu nombreux sont ceux qui pensent que le président, Lansana Conte, qui souffre de diabète, de problèmes cardiaques et peut difficilement marcher, et a été réélu, le 21 décembre, lors d'un scrutin discrédité et boycotté par l'opposition, ira au bout de son mandat de 7 ans. Les diplomates craignent en sus que les combattants désoeuvrés au Libéria et en Côte d'Ivoire traversent la frontière mal contrôlée et provoquent des troubles.

En Mauritanie aussi en cette fin d'année, indique le communiqué de l'IRIN publié le 31 décembre, la situation semble instable. Le Président Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya a survécu de peu à un coup d'Etat et s'est lui-même réélu, le 7 novembre, pour un nouveau mandat de 6 ans ce qui a entraîné une période de troubles populaires et s'est achevé par la mise en détention de son principal rival.

Le coup d'Etat en Guinée a été accueilli par un soulagement général après qu'un gouvernement de transition ait rapidement annoncé des élections générales qui devraient avoir lieu le 28 mars 2004. Une tentative de coup d'Etat, rapidement avortée, a également eu lieu à Sao Tome-et-Principe qui s'apprête à connaître un véritable boum pétrolier.

La violence nourrie par la pauvreté, les tensions et le vol lucratif de brut continue à peser sur la région du delta du Niger au Nigeria.

Quant au Tchad, qui fait son entrée sur le marché de l'exportation de pétrole, il se trouve pris dans les conflits de la République centrafricaine et du Soudan voisins.

Les affrontements qui se développent actuellement dans le Darfour, une province occidentale du Soudan, a entraîné la fuite de 90 000 personnes qui ont trouvé refuge dans la brousse désertique et inhospitalière de l'Est du Tchad.

La « success story » de la région est la Sierra Leone mais les diplomates redoutent que le pays ne replonge dans le chaos après le retrait de la MINUSIL, la mission de l'ONU dans le pays, prévu pour l'instant pour la fin 2004. A moins que d'ici là le gouvernement ne se soit renforcé et ne s'appuie sur des forces de police et une armée fiables. Pour l'instant, la corruption larvée et un gouvernement faible reste une sérieuse préoccupation, notamment des fournisseurs de fonds, indique l'IRIN.

Le Réseau d'Information Régional Intégré (IRIN) est rattaché au bureau de l'ONU pour la Coordination des affaires humanitaires (OCHA). Créé au lendemain de la crise de 1994 dans la région des Grands Lacs de l'Afrique centrale, il s'attache à diffuser, via Internet, des informations « utiles, stratégiques et objectives afin de renforcer la capacité de la communauté humanitaire à comprendre, réagir et éviter les situations d'urgence. »

 

Contributions au débat

Christopher Alan Bayly (historien, professeur à Cambridge)

Arielle Denis : (Co-Présidente du Mouvement de la paix)

Pierre Paul Dika (Docteur en Droit, Université de Reims, France) : 

François Époma (Docteur en droit)

  • L'intégration régionale et le règlement des conflits armés en Afrique : l'exemple de l'Afrique de l'ouest (Revue IDRP de juin 2006)

Marc Lavergne :

Jacques le Dauphin : Directeur de l’IDRP

Raphaël Porteilla (Université de Dijon, France) :

Déa Rety

Jean-François Rioux , Papa Amadou Ba : Les organisations intergouvernementales africaines et la paix et la sécurité en Afrique  (décembre 2002)

Michel Rogalsky :

Afrique - États-Unis : une relation singulière (2008)

Patrick Simon, directeur adjoint de l'IDRP :

Paul Sindic :

Réunion – débat organisée par l’I.D.R.P. - Mars 2003 :

 

 

DES LIVRES A LIRE
Bernard Debré et Jacques Vergès "De la mauvaise conscience en général et de l'Afrique en particulier", éditons J.C. Lattès, 2003
Pascal Blanchard, Nicolas Bancel, Sandrine Lemaire(sous dir.)  "  La fracture coloniale " - La Découverte 2005
Roméo Dallaire   "J'ai serré la main du diable. La faillite de l'humanité au Rwanda", Éditions Libre Expression, Montréal, 2003, ISBN 2-7648-0072-X.
Pascallon P. (sous la direction de) "La politique de sécurité de la France en Afrique, L'Harmattan, Paris, 2004
B.A.D. "Rapport sur le développement en Afrique 2000, intégration régionale", Économica, Paris, 2000
 Marlène Tuininga
"Femmes contre les guerres carnets d'une correspondante de paix", Éditions Desclee De Brouwer, 2007, ISBN-13 : 978-2-220-05325-7
Sidonie Matokot-Mianzenza, Préface de Pierre Mainhagu "Viol des femmes dans les conflits armés et thérapie familiales ; Cas du Congo Brazzaville", Éditions Harmattan, 2003, ISBN : 2-7475-3690-4
Innocent Biruka, Préface de Maître Frédéric Titinga Pacere "La protection de la femme et de l'enfant dans les conflits armés en Afrique", Éditions Harmattan, 2006, ISBN : 2-296-01577-8

 

DOCUMENTATION

Extraits du Rapport de l'OUA sur le génocide au Rwanda (remis au Secrétaire général de l'ONU en juillet 2000)

Rapport complet de l'OUA sur le génocide au Rwanda remis au Secrétaire général de l'ONU en juillet 2000)

Lien vers le Le Rapport de l'ONU sur les causes des conflits et la promotion d'une paix durable en Afrique (Avril 1998)

Trois documents de l'ONG "Droits et démocratie"

La Charte africaine des droits de l'homme

La conférence africaine du forum des ONG (juillet 2002)

Documents du GRIP  :

Le site de l'Union Africaine : http://www.africa-union.org/home/Bienvenue.htm

 

LISTE DES OPÉRATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX EN AFRIQUE

Opérations en cours : Réseau francophone sur les opérations de maintien de la paix (Université de Montréal)

Lien vers le site de l'ONU sur ces missions

Rapports de l'ONU concernant l'Afrique :