Documentation sur le Caucase

Amériques ] Asie Pacifique ] Proche Orient ] Europe ]

Agir pour la paix dans le Caucase - par Bernard Dreano

Le Caucase : zone de conflit 2009 - par Raphael Vahé

L'internationalisme pris au piège de l'Afghanistan - par Michel Rogalski (2010)

 

Une carte qui explique bien des choses des enjeux :

 
  1. Une analyse du Grip sur la situation de l'Ossétie en août 2008

  2. "De l'eau dans le gaz", un article de Patrick Simon, directeur adjoint de l'IDRP

 

 

Ossétie, négociations immédiates, arrêt des opérations militaires

Une déclaration de notre partenaire, le Mouvement de la Paix

De nouveau la guerre embrase le Caucase, avec son cortège de destructions et de morts. Ce conflit, tour à tour larvé et ouvert depuis la dislocation de l’Union Soviétique, menace toute la région. Le Mouvement de la paix demande l’arrêt immédiat des combats, le retrait des troupes géorgiennes et russes sur leurs positions d’avant le 6 août et la reprise des négociations entre toutes les parties concernées. Dans cette région comme partout dans le monde, ce ne sont pas les confrontations militaires qui peuvent résoudre les conflits.

Cette région, hautement stratégique pour son pétrole, son gaz, et ses oléoducs soulève beaucoup de convoitises, en premier lieu pour les puissances régionales, mais également pour les Etats-Unis d’Amérique qui y voient de plus une « base avancée » contre la Russie, la Chine, et l’Iran dans le cadre de « leur lutte contre le terrorisme ».

L’Union européenne, avec tout l’intérêt qu’elle a de consolider la paix à ses portes, est en outre fortement tributaire des approvisionnements pétroliers et gaziers, elle a un rôle important à jouer pour la stabilité de la région.

Pour ces raisons, elle doit promouvoir une politique de sécurité européenne à l’opposé de la stratégie de confrontation des Etats-Unis et de l’Otan. L’Union européenne, et son actuel président Nicolas Sarkozy, doit s’opposer à la volonté de la Maison Blanche d’isoler la Russie par l’implantation de bases militaires et l’installation de boucliers antimissiles en Europe, ainsi que par l’élargissement de l’Otan. Cette dernière organisation, loin d’être un élément de la sécurité pour l’ensemble des peuples européens, est au contraire un élément permanent de tension.

La volonté des USA et de certains états occidentaux d’intégrer la Géorgie à l’OTAN et d’y installer des bases militaires, est très dangereuse et elle a pesé dans ce conflit déclenché par la Géorgie. L’Otan, cette organisation archaïque, vestige de la guerre froide, fait craindre plus d’insécurité pour l’ensemble de la région et pour l’ensemble des états européens, elle favorise la relance de la course aux armements.

Pour le Mouvement de la paix, les principes de la Conférence d’Helsinki de 1976, quelques peu oubliés par l’ensemble des états européens au sein de l’OSCE, redeviennent plus que jamais d’actualité.

L’ensemble des peuples de l’Europe, de l’Atlantique à la Sibérie, a besoin d’une vraie sécurité basée sur le désarmement, la dénucléarisation militaire du continent, d’une vraie coopération économique mutuellement avantageuse, et du respect du droit des peuples et des droits humains.

On annonce ce jour que les démarches du gouvernement français pourraient aboutir à une solution diplomatique. Le Mouvement de la paix s’en réjouit et note que, conformément au principe de prévention des conflits auquel il est attaché, il aurait fallu commencer par la voie des négociations, ce qui aurait évité l’aggravation de la tension dans cette région et des souffrances aux populations.

Saint Ouen le 13 août 2008

 

Le Mouvement de la Paix, 9 rue Dulcie September - 93400 ST-OUEN

Agréé association nationale de Jeunesse et d’Education Populaire

 

 

vendredi 15 août 2008 - Point de vue : Florence Mardirossian

Géorgie-Russie, les enjeux de la crise 

Dans la nuit du 7 au 8 août, la Géorgie donnait l’assaut en Ossétie du Sud. Un cessez-le-feu avait été négocié en 1992 afin de mettre un terme au conflit armé consécutif à l’effondrement de l’Union soviétique. Il avait alors déjà opposé les Géorgiens aux Sud-Ossètes, qui avaient d’abord octroyé à leur région le statut de république autonome de Géorgie, avant de proclamer son indépendance face au refus de Tbilissi.

En moins de vingt-quatre heures, les unités blindées de la 58e armée de la Fédération de Russie, stationnées en république autonome d’Ossétie du Nord, sont arrivées sur le terrain. Elle visaient « à contraindre la Géorgie à la paix », selon les propres mots du président russe Dmitri Medvedev. Du côté de l’Abkhazie, des bâtiments de guerre russe de la flotte de la mer Noire sont arrivés le 10 août au large de la Géorgie, en provenance de la base navale de Sébastopol dans le sud de la Crimée en Ukraine et du port russe de Novorossiisk. Depuis lors, l’armée géorgienne a essuyé des revers successifs, bien que des avions de transport militaire américains aient rapatrié une partie des troupes géorgiennes déployées en Irak.

Lundi 11 août, les russes prenaient le contrôle de la capitale dévastée d’Ossétie du Sud, Tskhinvali. Mardi 12, le président Medvedev annonçait la fin des opérations militaires russes en Ossétie du Sud. Mercredi 13, les autorités de la République autoproclamée d’Abkhazie annonçaient avoir chassé les troupes géorgiennes de la haute gorge de la rivière Kodori, que Tblissi occupait depuis juillet 2006 (1). Depuis, des accusations mutuelles de violations du cessez-le-feu fusent, tandis que le plan de paix défendu par le président français n’a toujours pas été signé par les belligérants. Moscou continue d’attaquer des cibles qu’elle estime stratégiques en Géorgie, hors zones de conflit. Ainsi, l’aviation russe détruisait dimanche près de Tbilissi une piste d’atterrissage pouvant être utilisée par les avions militaires géorgiens pour atteindre l’Ossétie du Sud.

En outre, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, confirmait mercredi à Moscou que l’armée russe stationnait près des villes géorgiennes de Gori — bombardée, à proximité de la zone de conflit sud-ossète — et de Senaki, proche de l’Abkhazie. Dans l’ouest de la Géorgie, tandis que l’armée russe liquidait les positions adverses à Senaki, qui abrite la 2e brigade d’infanterie géorgienne, elle faisait également des incursions à Zougdidi à la frontière abkhazo-géorgienne, et à Poti, un port de la mer Noire stratégique pour la Géorgie, puisqu’à partir de Poti est réexportée la majeure partie des hydrocarbures transitant par le pays. Cette nouvelle a considérablement inquiété, y compris le président américain George W. Bush qui en a fait mention dans sa récente allocution.

Voir la carte « Mise en perspective régionale des enjeux énergétiques et territoriaux en Géorgie » Pouvant se permettre d’être plus offensifs, les candidats à la présidence américaine — le républicain John McCain et le démocrate Barack Obama, par la voix de son conseiller en politique étrangère Zbigniew Brzezinski (2)— ont dénoncé l’objectif caché de la Russie dans ce conflit armé : rayer la Géorgie de la carte énergétique, et imposer ainsi la Fédération de Russie comme seul et unique territoire de transit des hydrocarbures en provenance des pays producteurs d’Asie centrale et du Caucase.

Le deuxième pipeline le plus large au monde, le Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC), qui relie les champs pétroliers de la Caspienne au port turc de Ceyhan, en Méditerranée, en passant par l’Azerbaïdjan et le sud de la Géorgie, a été fermé début août en raison d’une explosion sur la partie de l’oléoduc située en Turquie de l’est. L’attentat est attribué à la branche armée du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Bien que le BTC n’ait pas été endommagé par les récents affrontements, la réouverture du pipeline, initialement prévue en septembre, pourrait en être davantage retardée. En outre, Bristish Petroleum (BP) a annoncé avoir fermé le 12 août l’oléoduc Western Route Export Pipeline (WREP) et le gazoduc South Caucasus Pipeline (SCP) en raison des derniers événements survenus en Géorgie (voir la carte « Projets concurrents de gazoducs et d’oléoducs au Caucase »).

« La réputation de la Géorgie comme route alternative sécurisée pour les pipelines acheminant le pétrole et le gaz d’Asie centrale à la Méditerranée a été compromise » (3), a déclaré le 11 août Robert Johnson, directeur de l’énergie et des ressources naturelles au cabinet-conseil américain d’analyse des risques Eurasia Group. « Si vous supprimez l’option géorgienne de la table… ça fait le jeu de la Russie, car la plupart des autres options viables passent par le territoire russe. »

Ainsi, l’Azerbaïdjan, qui a suspendu le 10 août ses exportations de pétrole via les ports géorgiens de Koulevi et Batoumi, est en train déjà d’examiner l’acheminement du pétrole par l’oléoduc qui relie Bakou au port russe de Novorossiïsk, en mer Noire, via la Tchétchénie (voir la carte « “Grand jeu” autour du pétrole et du gaz »). Alors qu’en mai dernier, le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev avait signé la loi ratifiant l’accord entre le Kazakhstan et l’Azerbaïdjan sur l’acheminement du pétrole kazakh vers les marchés internationaux via le BTC, le conflit russo-géorgien augure dès à présent de belles perspectives d’avenir dans la région pour Gazprom.

Dans ce contexte, les derniers événements survenus à la mi-juillet en Samtskhe-Djavakhétie, province du sud de la Géorgie par où passe le BTC, située aux confins de l’Arménie et de la Turquie, font sens à présent. Le 17 juillet, à Akhalkalaki, centre administratif de Djavakhétie, région peuplée à 95% d’Arméniens, a été menée une vague d’arrestations sans précédent dans les rangs des militants de l’Alliance démocratique du Djavakhk uni, le principal mouvement politique local (4). Le chef de file du mouvement ainsi que ses proches avaient été transférés à Tbilissi, sans avocat ni date de procès, ce qui laisse penser que les autorités géorgiennes voulaient neutraliser les Arméniens du sud de la Géorgie alors qu’elles s’apprêtaient à entrer en conflit avec l’Ossétie du Sud.

Une angoisse permanente d’éclatement du pays Depuis l’effondrement de l’URSS, les tensions entre la population arménienne de Djavakhétie et l’autorité géorgienne ne se sont pas apaisées ; elle se sont même ravivées depuis l’accès au pouvoir de Mikhaïl Saakashvili. En jeu, les droits et les devoirs des minorités. « La politique géorgienne est en réalité guidée par l’angoisse permanente d’éclatement du pays. Les minorités nationales qui peuplent majoritairement les territoires à la périphérie de la Géorgie, aux frontières de leur zone ethnolinguistique parente, sont en effet considérées comme une menace pour l’unité du pays (5) . »

Cette angoisse n’a pu que s’accroître après la déclaration d’indépendance du Kosovo, le 17 février dernier. Alors que les Etats-Unis et la majorité des pays membres de l’Union européenne ont reconnu cette indépendance unilatérale, la Géorgie comme l’Espagne, sous pression dans leur propre pays, ne l’ont pas fait. La Russie non plus, qui a dénoncé la politique de deux poids-deux mesures de l’Occident, et rappelé le parallèle avec l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud en prévenant la « communauté internationale » des dangers d’un effet domino. La réalisation de l’oracle ne s’est pas fait attendre : au printemps, Moscou établissait des relations officielles avec les républiques autoproclamées d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud. Puis ce fut l’escalade.

Aujourd’hui, le plan de paix parrainé par la présidence française de l’Union européenne ne fait pas mention de l’intégrité territoriale de la Géorgie, laissant ouvertes des négociations futures à propos du statut des républiques autoproclamées. La ligne jaune ayant été définitivement franchie, il est difficile d’imaginer un retour à la situation qui prévalait, notamment en raison du fossé qui se creuse entre la Russie et les Occidentaux. Alors que la chancelière allemande Angela Merkel estimait aujourd’hui, lors d’une conférence de presse conjointe avec le président Medvedev à Sotchi, que « l’intégrité territoriale de la Géorgie [devait] servir de point de départ » dans les négociations de paix, son homologue russe répondait qu’« il [était] peu probable que les Ossètes et les Abkhazes puissent vivre au sein d’un seul Etat avec les Géorgiens ».

Le conflit, à défaut de s’être régionalisé, a exalté les tensions déjà existantes avec la Russie et précipité les événements. Le 13 août, le président ukrainien, Viktor Iouchtchenko, signait ainsi un décret soumettant à la décision de Kiev les manœuvres navales et aériennes de la flotte russe de la mer Noire stationnée au port de Sébastopol. Il avait d’ailleurs menacé, le 10 août, d’interdire aux navires de guerre russes, s’étant rendus au large des côtes d’Abkhazie, de regagner leur port d’attache.

Le 14 août, un accord préliminaire a été signé à Varsovie sur le déploiement d’un bouclier anti-missile américain sur le territoire polonais, que la Russie juge dirigé contre elle. Le face-à-face prévisible entre la Russie et les Etats-Unis s’est finalement produit. Le choix que demandait il y a deux jours Sergueï Lavrov aux Etats-Unis de faire « entre le prestige d’un projet virtuel [la Géorgie] et un partenariat qui implique des efforts conjugués [avec la Russie] » est peut-être déjà dépassé. La confrontation stratégique entre Moscou et Washington aux marches de l’Europe est entrée dans sa phase active. C’est le retour à un ordre passé, nous entraînant vers une nouvelle guerre froide (6).

Florence Mardirossian (1) Lire Florence Mardirossian, « Géorgie-Russie, les raisons d’une escalade », Le Monde diplomatique, octobre 2006.

(2) Kate Connolly, « Obama adviser compares Putin to Hitler », The Guardian, Berlin, 12 août 2008.

(3) Eric Watkins, « BP declares force majeure on WREP, SCP systems », Oil & Gas Journal, Los Angeles, 13 août 2008.

(4) « “Yerkir” Union’s Appeal to International Community With Respect to the Recent Events in Akhalkalaki », Erevan, 30 juillet 2008.

(5) Zones ethnolinguistiques parentes : Djavakhétie et Arménie, Kvémo-Kartlie et Azerbaïdjan, Ossétie du Sud et Ossétie du Nord Abkhazie et Caucase du Nord-Ouest. Lire Florence Mardirossian, « La géopolitique du Sud-Caucase », juin 2006.

(6) Michel Korinman (dir.), « Russie. La nouvelle guerre froide ? », Outre-Terre, revue française de géopolitique, n° 19, Editions Erès, 2008.

______________________________________________

 Florence Mardirossian est analyste des conflits du Caucase, Observatoire des espaces nationaux et internationaux de l’Université Paris-Sorbonne (OGENI).

 

 

Le Conseil de sécurité de l'ONU. 11 août 2008 

Nouvelles consultations du Conseil de sécurité lundi sur la Géorgie

–Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni lundi pour la cinquième fois en quatre jours pour discuter de la situation en Géorgie, où de violents affrontements ont lieu depuis plusieurs jours entre les forces géorgiennes et russes qui ont causé la mort de plusieurs centaines de personnes. Le Conseil de sécurité s'était réuni une première fois en urgence dans la nuit de jeudi à vendredi à la demande de la délégation russe. Des troupes russes sont entrées vendredi dans la région séparatiste pro-russe d'Ossétie du Sud (Géorgie) pour soutenir les séparatistes ossètes. De nouvelles consultations du Conseil de sécurité ont eu lieu vendredi, samedi et dimanche.

Samedi soir, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon a publié un communiqué dans lequel il s'est dit « alarmé par l'intensification des hostilités en Géorgie qui ont causé un grand nombre de victimes et d'immenses destructions en Ossétie du Sud et dans d'autres régions de la Géorgie. »

Il s'est déclaré aussi « préoccupé par le fait que la violence s'étende à l'extérieur de la zone du conflit ossète-géorgien. » Le Secrétaire général est notamment « profondément préoccupé par la montée des tensions dans la zone du conflit abkhaze, notamment le bombardement de la vallée du Haut Kodori et la concentration en cours de troupes le long de la zone de sécurité. » Il a exhorté « toutes les parties à cesser immédiatement les hostilités et à engager, sans délai, des négociations pour parvenir à un règlement pacifique. »

Au cours des derniers jours, le Secrétaire général a discuté de la situation avec le Haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité Javier Solana, la Secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, le Premier ministre britannique Gordon Brown, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan et avec le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier.

Lors d'une réunion publique du Conseil de sécurité dimanche, le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, B. Lynn Pascoe, a admis que l'ONU n'avait pas d'informations de première main sur la situation sur le terrain et qu'elle s'appuyait largement sur les informations de presse. Il a noté toutefois que le Résident coordonnateur de l'ONU en Géorgie avait recommandé l'évacuation du personnel international. Mais pour le moment, aucun employé international n'a quitté le pays, a-t-il ajouté.

Le Sous-Secrétaire général aux opérations de maintien de la paix, Edmond Mulet, a de son côté souligné lors de cette réunion que la situation en Abkhazie restait « extrêmement préoccupante ». Il a noté qu'en raison de l'augmentation des bombardements dans la zone d'opérations de la Mission d'observation des Nations Unies en Géorgie (MONUG), la Mission avait réduit ses activités et ne menait plus actuellement que les patrouilles indispensables.

Côté humanitaire, le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé lundi avoir commencé à distribuer une aide alimentaire à plus de 2.000 personnes déplacées par les récents combats. Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) a annoncé pour sa part qu'il allait envoyer en urgence à partir de lundi soir de l'aide humanitaire par avion dans le Caucase pour faire face aux conséquences du conflit en Géorgie.

 

 

Le Caucase : une poudrière ( septembre 2004)

La région du Caucase couvre environ 440 000 km2 et comprend une chaîne de montagnes formant une barrière étirée sur 1 250 km qui s'élève à plus de 4 000 m dans sa partie centrale.

Au sud, la Transcaucasie est constituée de trois États devenus indépendants en 1991 à la fin de l'Union soviétique : la Georgie, l'Arménie et l'Azerbaïdjan.

Sept républiques caucasiennes font partie intégrante encore de la Fédération de Russie : la Tchéchénie, le Daguestan, l'Ossétie du nord, l'Ingouchie, le Karatchaïevo-Tcherkessie, l'Adyhées et la Kabardino-Balkarie. Elles se trouvent pour l'essentiel au nord du territoire caucasien.

Sur le plan linguistique, la région du Caucase est aussi variée que sur le plan ethnique. On y trouve notamment des langues indo-européennes (arménien, ossète, kurde...) et des langues turques (azéri, koumyk, nogay, karachaï, balkar). Ces dernières, contrairement aux langues caucasiennes autochtones ont été introduites au fil de l'histoire.

Si le christianisme s'est propagé dans les premiers siècles de notre ère, l'islamisation ne s'est faite qu'à partir du VIIe siècle. Les principales ethnie caucasiennes musulmanes sont les Tcherkesses, les Adyghées, les Ingouches, les Tchéchènes et les Avars. Les Ossètes, orthodoxes, sont l'un des rares peuples majoritairement chrétiens de la région.

Convoité par les puissances régionales, le Caucase, charnière entre l'Orient et l'Occident, a été soumis à la lutte d'influence des empires turc et perse, puis à la domination russe qui a modifié les frontières.

En 1722, la campagne de Pierre le Grand contre la Perse est le premier d'une longue série de conflits avec les empires ottoman et perse, qui aboutiront à l'instauration définitive de la domination russe.

La conquête russe se heurtera au XIXe siècle, dans le Caucase à la résistance farouche des montagnards musulmans conduits par l'imam Chamil, d'ethnie avar du Daguestan, soutenu par les Tchétchènes. Après leur défaite en 1859, les principales ethnies guerrières caucasiennes émigreront en masse vers l'empire ottoman.

Le Caucase a été ensuite le théâtre d'autres conflits et à partir des années 80, suite à l'effondrement de l'URSS, de nouvelles guerres ont eu lieu entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, à propos du Nagorny-Karabakh. Dès lors, la région ne cessera de s'embraser, soit à propos du tracé des frontières, soit pour la maîtrise des énergies comme le pétrole ou même son acheminement.

En 1992, l'Ossétie du Sud veut se séparer de la Géorgie et après un conflit accède à son indépendance. La même année, l'Ossétie du Nord est en conflit avec l'Ingouchie voisine. La région géorgienne d'Abkazie proclame unilatéralement son indépendance.

En 1994, les russes lancent leur offensive contre la Tchéchénie séparatiste. Après 21 mois de guerre, elle devient malgré tout indépendante de fait. En 1999, le conflit reprend.

Le Caucase russe est également miné par la criminalité et les luttes d'influence entre mafias.

Texte réalisé à partir de l'AFP.

 

Cartes

Documentation :

Sites utiles

Cartes

Routes du pétrole, projets d'oléoducs dans le Caucase

 

Sites utiles :