Éditorial de La Lettre numéro 46 -1er trimestre 2010-
Les enjeux de Copenhague
Parler de sécurité aujourd’hui c’est naturellement prendre en compte les
dimensions, économiques, politiques, militaires, stratégiques, dans le monde
actuel. Mais une autre dimension ne doit pas échapper à notre réflexion,
celle de la menace qui pèse sur la planète toute entière.
En effet le réchauffement climatique ne peut être occulté, car il
conditionne l’avenir de la terre dans les décennies à venir. Les
conséquences en sont multiples. L’altération de notre climat, va à
terme bouleverser la répartition géographique des ressources essentielles à
notre survie (eau potable ,terres arables, ressources énergétiques…),et
engendrer par la-même des conflits. Ainsi l’accélération de la fonte des
glaciers et de la banquise n’a pas que des répercussions dans le Grand
Nord : elle conditionne l’écosystème et les conditions de vie de tous
les continents. Elle crée aussi des situations conflictuelles au
regard des ressources nouvelles dégagées par les fonds marins.
L’enjeu est de faire face à ces menaces. A ce sujet on ne peut oublier que
le comportement humain est pointé comme étant à l’origine du phénomène.
Alors si nous avons déréglé le climat, nous devons également avoir le
pouvoir d’enrayer cette dynamique. Le traitement du problème ne peut qu’être
international car les gaz à effet de serre provoquant pour l’essentiel ces
disfonctionnements dramatiques concernent à des degrés divers tous les
pays.
A ce sujet le protocole de Kyoto entré en vigueur en 2005 constitue le
traité international de référence en matière de protection de
l’environnement. Cependant il contient des dispositions très limitées, et si
le protocole de Copenhague prévu pour décembre 2009 se situe dans le
même esprit, on peut craindre de voir se poursuivre le surplace auquel nous
assistons actuellement. Pourtant ce qu’il est possible de faire est connu.
Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, prix
Nobel de la paix 2007, en a défini les grandes lignes. Evidemment il reste à
les mettre en pratique et les contradictions entre Etats ne manquent pas.
Alors le sommet de Copenhague marquera-t-il une avancée notable ? Le plan
d’action déjà évoqué apparaît peu ambitieux .C’est pourquoi sa préparation
doit faire l’objet d’un large débat pour la promotion d’initiatives
marquantes.
Bernard Hugo,
ancien Sénateur, Président de l’IDRP
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