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Forum Social Européen 2006
Analyse de ce qui s'est passé au FSE d'Athènes par le Mouvement de la paix (France) : Les faits les plus importants à ce Forum fut, d'une part, la déclaration du texte en faveur d'une Europe pacifique et sociale dans un monde sans armes nucléaires, avec un appel à manifester, fin septembre 2006, contre la guerre. D'autre part la constitution de réseaux européens, qui conservent la diversité des organisations, mais poursuit de façon durable le dialogue autour de propositions concrètes. C'est le cas notamment des réseaux de femmes comme celui des femmes kosovares et des femmes en noir de Belgrade. Un texte intitulé "Charte de nos principes communs pour une autre Europe" commence à circuler et aidera à la poursuite d'actions concrètes des sociétés civiles européennes. Le prochain Forum social européen aura lieu en 2008 à Bruxelles. L’Europe dans le monde –Principes fondamentaux : Une autre Europe se forme sur la base de l’universalisme et cosmopolitisme refuse toutes stratégies de domination économique et militaire, tout nationalisme, y compris le nationalisme européen, toute forme de racisme. Cette Europe naît dans la crise des stratégies de domination militaire et de domination économique est présente comme une alternative. Les principes fondamentaux sur lesquels elle se fonde sont fait de droits et devoirs, ils représentent les piliers de cette alternative. Ces principes sont suggérés par l’expérience des luttes contre la guerre, le néolibéralisme et le racisme et ils représentent l’inspiration fondamentale pour les luttes futures. L’autre Europe est ouverte au monde et veut contribuer à la construction de la justice globale : elle reconnaît et valorise la différence de genre et les différences culturelles et historiques, dans un cadre d’égalité des droits individuels et collectifs. Les nouvelles racines de l’Europe ont par conséquence un caractère " métèque ", auquel contribue largement la présence des migrants et migrantes. La violence des frontières institutionnelles qui a provoqué 4000 victimes parmi les migrants vers l’Europe, à partir de l’an 2000 est inacceptable. L’espace européen ne s’identifie pas avec l’espace des 25 de l’Union européenne et refuse un processus d’intégration à réaliser par le moyen des politiques néolibérales qui déjà provoquent dans les pays de l’est, mais aussi à l’ouest, chômage et pauvreté et nourrissent les nationalismes. L’expérience historique coloniale européenne, avec le ravage des ressources dans le sud du monde, les guerres qui ont fait des millions de victimes, impose que l’Europe que l’on veut soit fondée sur un principe de responsabilité par rapport à la condition économique et sociale de la plus grande partie du monde, du sud global. L’autre Europe soutient le droit des populations à disposer d’elles mêmes et à déterminer leur propre développement économique, social, culturel. Elle doit garantir que soit exercé la souveraineté sur ses propres ressources naturelles et l’environnement. Le droit au développement est un droit humain inaliénable, comme l’égalité des chances en matière de développement est une prérogative des nations et des individus. L’Europe que nous voulons soutient un nouvel ordre économique international et dans ce cadre développe une coopération internationale basée sur la considération de la disparité des conditions et la nécessaire égalité des droits. L’annulation de la dette extérieure des pays pauvres est une mesure nécessaire et immédiate avec le soutien à toutes les sociétés civiles qui luttent contre les régimes oppressifs, pour obtenir justice et droits fondamentaux. Les relations économiques doivent se baser sur le principe d’une gouvernance économique multilatérale, opposée à celle néo-coloniale du libre échange, qui subordonne aux pouvoirs forts des entreprises transnationales ou des pays très industrialisés, les pays plus pauvres (comme dans l’OMC). Les accords économiques doivent être subordonnés à l’application des droits humains selon les règles et les conventions internationales et par la transparence de leur réciprocité entre l’Europe et les pays avec lesquels on stipule les accords. L’Europe soutient une taxation internationale sur les mouvements des capitaux et s’opposent à leur libre circulation. Elle soutient la formation des marchés régionaux pour favoriser la création d’un monde multipolaire. Le principe de solidarité qui doit guider les relations entre les pays de l’espace européen et les pays du sud du monde, ne doit pas être une forme d’assistance discréditionnelle aux plus faibles, orientée, comme dans le cas de la " lutte à la pauvreté " menée par la Banque Mondiale, par les principes néo-libéraux, mais comme réalisation consciente d’un intérêt commun dans l’affirmation des droits sociaux et économiques globaux. Les droits fondamentaux du travail, le droit à la grève, le droit à la libre association syndicale et à la négociation collective, doivent se réaliser dans tous les pays, comme condition essentielle de la dignité de la vie et du développement humain et démocratique qui empêche la concurrence et le conflit parmi les travailleurs. La démocratie n’est pas faite simplement des élections, mais de la possibilité de participation à la conquête des droits et d’un modèle social conséquent basé sur l’utilisation des ressources de chaque pays. Les principes d’égalité et justice qui doivent guider les relations entre Europe et les autres pays doivent descendre et se référer à une source de régulation générale. Le droit international avec tous ses instruments (traités, conventions, résolutions, Onu, Cour de justice , Tribunal international pénal…) doit être considéré aussi sous cet aspect. Pour une réelle gouvernance économique multilatérale, les critères guides des relations et échanges commerciaux internationaux doivent être reconduits aux principes et lieux du droit international et des Agences des Nations Unies. Il ne doit pas exister un droit " marchand " comme droit parallèle et en contradiction avec le corps du droit international, comme aujourd’hui cela arrive avec les Institutions de Bretton Woods et l’Organisation Mondiale du Commerce. La responsabilité de l’Europe demande de rejeter la guerre comme moyen de résolution des controverses internationales, tant dans son espace que par rapport aux autres pays. Une autre Europe exerce un rôle de prévention et médiation de conflits. La prévention de conflits armés et de la guerre s’exerce aussi, par le soutien économique et politique aux populations qui luttent contre oppression et régimes autoritaires. Par conséquent l’Europe ne se construit pas comme puissance militaire et composante d’une alliance militaire comme l’Otan, dépendante de plus des Etats-Unis. L’Otan doit être supprimée. Au contraire l’Europe doit valoriser les expériences comme les corps de paix et les missions civiles. A l’Europe de l’Agence des armements s’oppose celle du désarmement et de la reconversion civile, à savoir une autre politique industrielle, la réduction des dépenses militaires en faveur des dépenses sociales et d’utilité publique, du contrôle du commerce des armes.
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Appel de l'Assemblée des acteurs et mouvements sociaux au F.S.E. - 16 novembre 2003 - Paris Nous venons des mouvements sociaux et citoyens de toutes les régions d'Europe, de l'Est à l'Ouest et du Nord au Sud. Après Florence et Porto Alegre, nous nous rencontrons au 2ème Forum social européen à la suite d'une année de mobilisations contre le modèle néolibéral dans de nombreux pays d'Europe - contre la réforme des retraites, pour la défense des services publics, contre les politiques agricoles, pour les droits des femmes, contre l'extrême droite, le racisme et la xénophobie ainsi que contre les politiques sécuritaires -, et contre la guerre contre l'Irak, notamment le 15 février 2003. Nous sommes divers et pluriels, et c'est ce qui fait notre force. En ce moment s'élabore un projet de Constitution européenne en marge de la société civile. Il "constitutionnalise" le libéralisme comme doctrine officielle de l’UE ; il consacre la concurrence comme fondement du droit communautaire et de toutes les activités humaines et ne tient aucun compte des objectifs de l’écodéveloppement ; il accorde un rôle à l’OTAN sur les politiques étrangères et de défense européennes et pousse à la militarisation de l'Union ; enfin, il maintient le social dans le statut de pièce rapportée d’une construction européenne fondée sur le primat du marché, et acte, de fait, le démantèlement déjà programmé des services publics. Ce projet de Constitution ne répond pas à nos aspirations. Nous luttons pour une autre Europe. Nos mobilisations portent l'espoir d'une Europe sans chômage ni précarité, dotée d'une agriculture paysanne qui assure la souveraineté alimentaire, préserve les emplois, l'environnement et la qualité de l'alimentation, d'une Europe ouverte sur le monde qui permette à chacun d'y circuler librement, qui reconnaît la citoyenneté de résidence à tous les étrangers y habitant et qui respecte le droit d'asile, d'une Europe qui met en œuvre une égalité réelle entre les femmes et les hommes, qui promeut la diversité culturelle et le droit des peuples à l'autodétermination, c’est-à-dire de décider de leur futur de façon démocratique. Nous luttons pour une Europe qui refuse la guerre, favorise la solidarité internationale et un développement écologiquement durable. Nous nous battons pour que les droits des êtres humains, les droits sociaux, économiques, politiques, culturels et écologiques l'emportent sur le droit de la concurrence, la logique du profit et l'asservissement par la dette. C'est pour toutes ces raisons que nous lançons un appel aux peuples d'Europe pour qu'ils se mobilisent contre le modèle néolibéral et la guerre. Nous nous battons pour le retrait des troupes d'occupation de l'Irak ainsi que la restitution immédiate de la souveraineté au peuple irakien. Nous nous battons pour le retrait des territoires occupés par Israel et pour l’arrêt de la construction du mur et sa destruction. Nous soutenons les mouvements israélien et palestinien qui se battent pour une paix juste et durable. Nous nous battons pour le retrait des troupes d'occupation russes de la Tchétchénie. C'est pour cela que nous nous joignons à l'appel international lancé aux Etats-Unis par le mouvement anti-guerre et que nous appelons à la journée d'action du 20 mars prochain. Pour parvenir à une Europe basée sur la reconnaissance des droits sociaux, politiques, économiques, culturels et écologiques, tant individuels que collectifs, des femmes comme des hommes, nous nous engageons à prendre partout des initiatives. Il nous faut construire pas à pas un processus de mobilisation qui permette l'implication de tous les peuples d'Europe. Nous nous engageons à être partie prenante de toutes les actions organisées par les mouvements sociaux, en particulier à construire un jour commun d’action soutenu par les mouvements sociaux, notamment par le mouvement syndical européen. Nous appelons tous les mouvements sociaux à faire culminer cette dynamique de mobilisations en une journée d'action pour une autre Europe, des droits des citoyens et des citoyennes et des peuples, le 9 mai, date prévue de la ratification de la Constitution européenne.
Le 16 novembre 2003 |