Armement
et désarmement nucléaires : glossaire et sigles
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93+2 Programme de renforcement des garanties de l'AIEA par la mise au point et la signature de protocoles additionnels
ABM (Anti-Ballistic Missile) : missile destiné à intercepter les missiles offensifs intercontinentaux
ACM (Advanced cruise missile) : missile de croisière avancé
AIEA : Le 8 décembre 1953, le président Eisenhower proposa, dans un discours à l’Assemblée générale des Nations Unies, de créer, sous l’égide des Nations Unies, une agence internationale dont les activités seraient consacrées exclusivement à l’utilisation de l’énergie atomique à des fins pacifiques. Le 4 décembre 1954 l’Assemblée générale adopta à l’unanimité une résolution sur « l’Atome pour la paix » exprimant l’espoir qu’une telle agence serait établie sans retard. Les travaux de rédaction du statut de l’Agence débutèrent en avril 1955. Le 23 septembre 1956 le projet fut soumis à la Conférence générale sur le statut de l’Agence internationale de l’énergie atomique, qui se tint au siège des Nations Unies à New York. Après une ultime révision, le statut fut approuvé à l’unanimité le 23 octobre1956 et signé le 26 octobre 1956. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a vu le jour à la fois pour promouvoir l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire et pour freiner le recours aux technologies et produits nucléaires à des fins de prolifération. L'Agence allait s'acquitter de cette dernière fonction par le biais d'une série complexe de garanties conçues pour prévenir, par des activités de vérification, le détournement de matières nucléaires à des fins militaires (principalement en vérifiant dans quelle mesure les rapports et autres renseignements fournis par un pays coïncidaient avec l'information indépendante et objective recueillie par les inspecteurs de l'AIEA dans les installations nucléaires du pays en question et par l'équipement de confinement et de surveillance comme les caméras et les scellés posés par l'AIEA dans les installations nucléaires du pays - une procédure qui allait donner naissance à un système complexe de « comptabilité des matières »).Le document Principes et objectifs adopté en 1995 a également affirmé le rôle de l'AIEA en tant qu'autorité compétente pour vérifier que les dispositions du TNP sont respectées par les parties et souligné que rien ne doit venir affaiblir son autorité à cet égard.
ALCM (Air-launched cruise missile) : missile de croisière aéroporté
ASW (anti-submarine warfare) : guerre anti sous-marine
ASMP : missile air-sol moyenne portée
ASMP-A : missile air-sol moyenne portée amélioré
CTBT ou TICE : (Traité d’interdiction complète des essais nucléaires), New York, 24 septembre 1996 : signé par 158 Etats, ce traité interdit toute explosion nucléaire, quelle que soit sa nature, et tout encouragement ou participation à la préparation d’un essai nucléaire à des fins militaires ou autres. Ce texte ne pourra entrer en vigueur que lorsque 44 Etats dotés de capacité nucléaire ou électronucléaire, nommément désignés, l’auront ratifié
EDAN : Etats dotés de l'arme nucléaire
ENDAN : Etats non dotés de l'arme nucléaire
(Première) Frappe : attaque préventive visant à détruire par des armes nucléaires les moyens de riposte stratégique de l’adversaire
(Seconde) Frappe : capacité, même après avoir essuyé une frappe nucléaire, d'exercer une frappe de représailles contre l’agresseur avec pour objectif de cibler les systèmes nucléaires résiduels de l’agresseur, les silos pour lancement à froid et, en priorité, ses objectifs démographiques (villes) ou économiques (anti-valeur)
GLCM (Ground-launched cruise missile) : missile de croisière sol-sol
ICBM (Intercontinental ballistic missile) : missile balistique intercontinental
IDS (Initiative de défense stratégique) : initiative du président Ronald Reagan en 1983 qui proposait un bouclier spatial contre les armes nucléaires
INF (Intermediate Range Nuclear Forces) : forces nucléaires à portée intermédiaire (entre 1 000 et 5 500 km) (cf. Pershing-II et Cruise).
IRBM (Intermediate-range ballistic missile) : missile balistique de portée intermédiaire
MD (Missile Defense) : nouvelle appellation du NMD (voir ce mot)
Mégatonne : unité de mesure de la puissance énergétique d’une arme nucléaire, équivalent à un million de tonnes de TNT
MOX Combustible mixte constitué d'oxyde d'uranium et d'oxyde de plutonium, utilisé dans les réacteurs nucléaires civilsMSBS :
Missile mer-sol balistique (missile SLBM français)
MTCR (Missile Technology Control Regime) : régime de contrôle de la
technologie relative aux missiles, créé en 1987
NMD (National Missile Defense) : programme de défense du territoire des Etats-Unis contre des missiles assaillants
Pershing-II : missile balistique nucléaire américain de portée intermédiaire, déployé en Europe durant les années 1980, dans le cadre de la crise des euromissiles
Pluton : missile nucléaire français sol-sol mobile à courte portée, retiré du serviceProlifération : augmentation du nombre d’Etats ayant acquis des technologies, savoirs et armements nucléaires (prolifération horizontale) ; augmentation des systèmes d’armes, lanceurs et charges nucléaires d’un Etat (prolifération verticale)
Rogue states : Etats "voyous" ou "parias" qui peuvent détenir des moyens de destruction massive et qui ne respecteraient pas les mêmes règles du jeu que les grandes puissances nucléaires déjà reconnues. En matière de dissuasion, ils seraient donc des " détonateurs " possibles de situations dangereuses ou critiques
S3D : missile nucléaire sol-sol placé en silos sur le plateau d'Albion, retiré du serviceSAM (surface-to-air missile) : missile sol-air (missile anti-aérien)
Sanctuaire : désigne le territoire national d’un Etat (nucléaire).
Sanctuarisation : situation d’un territoire protégé par la dissuasion nucléaire
SLBM
(Submarine-launched ballistic missile)(voir MSBS) : missile
ballistique lancé d'un sous-marin d'une portée généralement supérieure à 5
500 km
SLCM (Sea-launched cruise missile) : missile de croisière mer-sol
SNF (Short-Range Nuclear Forces) : forces nucléaires à courte portée (inférieure à 500 km)
SNLE : sous-marin nucléaire lanceur d'engins (dénomination française du SSBN)
SNLE-NG : Sous-marin nucléaire lanceur d'engins de nouvelle génération
SRAM (Short-range attack missile) : missile d'attaque à courte portée
SRBM (Short-range ballistic missile) : missile balistique à courte portée
SRINF (Short-Range Intermediate Nuclear Forces) : forces nucléaires intermédiaires à portée plus courte (entre 500 et 1 000 km) que les LRINF (Long-Range Intermediate Nuclear Forces) (entre 1 000 et 5 500 km)
SSBN (Submarine Ship for Ballistic missiles nuclear Powered): sous-marin nucléaire lance-missiles balistiques (voir SNLE)
SSBS : missile sol-sol balistique stratégique (missile balistique français anciennement déployé en silos sous le plateau d’Albion)
SSM (Surface-to-surface missile) : missile sol-sol
SSN (Nuclear-powered submarine) : sous-marin à propulsion nucléaire
START (Strategic Arms Reductions Treaty): traités américano-soviétique (START I, signé en 1991 et entré en vigueur en décembre 1994) et américano-russe (START II, signé en 1993, ratifié par les Etats-Unis en 1996 et par la Russie en 2000) sur la réduction des vecteurs d’armes nucléaires stratégiques terrestres et sous-marines. START II prévoit une réduction des arsenaux stratégiques au terme de laquelle chaque partie ne devra pas disposer de plus de 3 500 têtes nucléaires stratégiques. START II est en principe dépassé en raison des mesures de réduction unilatérales des arsenaux annoncées le 12 novembre 2001 par les présidents russe et américain, qui abaissent les plafonds de START II
TICE ou CTBT(Traité d’interdiction complète des essais nucléaires), New York, 24 septembre 1996 : signé par 158 Etats, ce traité interdit toute explosion nucléaire, quelle que soit sa nature, et tout encouragement ou participation à la préparation d’un essai nucléaire à des fins militaires ou autres. Ce texte ne pourra entrer en vigueur que lorsque 44 Etats dotés de capacité nucléaire ou électronucléaire, nommément désignés, l’auront ratifié. Du 3 au 5 septembre 2003, s'est tenue la 3ème conférence de la mise en place du TICE.
TLAM (Tomahawk Land Attack Missile) : missile de croisière Tomahawk
TMD (Theatre Missile Defense) : défense anti-missile de théâtre
TNA : tête nucléaire aéroportée
TNO : tête nucléaire océanique
TNP (Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, Washington, Londres et Moscou, 1er juillet 1968) : le TNP vise à interdire la diffusion des armes nucléaires vers les pays qui n’en disposent pas, à promouvoir un processus de désarmement pour les pays dotés d’armes nucléaires et à garantir à tous les pays l’accès aux techniques nucléaires à des fins pacifiques. La surveillance de sa mise en oeuvre est assurée par l’AIEA. Le TNP a été signé par 187 pays à l’exception de l’Inde, du Pakistan, d’Israël et de Cuba.
Pourquoi le Traité de non-prolifération est-il si important ? Réponse: Parce que c'est le traité majeur de désarmement signé par tous les pays à l'exception de trois (Inde, Pakistan, Israël) et devenu loi internationale en 1970. La France a signé ce traité en 1992.
Le TNP distingue les pays dits "nucléaires" (Chine, France, Russie, UK, et USA) des autres pays dits "non-nucléaires" à la date d'entrée en vigueur, 1970.
Les premiers s'engagent à l'élimination complète des leurs armes nucléaires et les autres s'engagent à ne jamais en posséder. Depuis 1970 la promesse du désarmement nucléaire est largement ignorée.
Le TNP prévoyait une conférence de révision au bout de 25 ans (donc en 1995) pour déterminer la suite à donner. Soit un traité permanent, soit une remise en cause. Après des mois de négociations, et grâce aux mobilisations à travers le monde entier, un résultat satisfaisant a été obtenu . Ainsi en 1995 il a été décidé de renforcer le TNP par un ensemble de Principes et d'Objectifs pour la non-prolifération et le désarmement nucléaire et de créer un processus de contrôle des obligations des Etats membres. Il a été ainsi prévu de réunir tous les ans des Comités Préparatoires (PrepCom) et une Conférence de Révision (RevCon) en l'an 2000.
Cette conférence de révision de l'an 2000 à New York fut un succès vers le désarmement nucléaire, en grande partie parce que les exigences des opinions publiques et du droit international ont été relayé par quelques Etats non-nucléaires (Brésil, Egypte, Irlande, Mexique, Nouvelle Zélande, et Afrique du Sud) qui ont obtenu un engagement "sans équivoque" des pays nucléaires à un "désarmement nucléaire total" en 13 étapes.
Traité ABM : traité sur la limitation des systèmes anti-missiles balistiques, signé à Moscou le 26 mai 1972 entre l’Union soviétique et les États-Unis. Amendé en 1974 par un protocole entré en vigueur en 1976, puis précisé en 1997 par des accords d’interprétation qui ne sont toujours pas entrés en vigueur, ce traité interdit aux parties de construire des systèmes de défense contre les attaques de missiles stratégiques et limite fortement le développement et le déploiement de missiles de défense. Le 13 décembre 2001, le président George W. Bush a annoncé le retrait des Etats-Unis du traité ABM pour pouvoir déployer un bouclier antimissile sur le territoire américain après 2004-2005. Ce retrait sera effectif en juin 2002, selon une clause du Traité prévoyant un préavis de dénonciation de six mois
WMD (Weapons
of mass destruction) : armes de destruction massive
Source complétée par nos soins et par André
Dumoulin,
L' avenir du nucléaire militaire
La
Documentation française
Problèmes politiques et sociaux n° 854, 2001